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Aux Bons Pavés....

10 avril 2018 - 07:22

Un RO y a goûté !!

Eric BOMMEL :

Compte rendu Paris Roubaix 2018 le 172 kms (parcours pro, pour les pavés)

Qu’est ce qui m’a pris quand je me suis inscrit ? Je dois avoir une innocence à toute épreuve, renforcée d’une inconscience toujours présente à chaque challenge. À chaque inscription je suis plein d’optimisme et une fois dedans je me demande ce que je fous là.

Je n’avais pas cette course dans mon palmarès, et en allant voir mon fils à Lille, je me suis dit c’est l’occasion.

Organisé par l’ASO et un jour avant les pros, 3 parcours au choix, un 50 km (blindé de vtt) un 145 (blindé de gravels) et le 172 ( pour les puristes) 29 secteurs de pavés de 500 m à 4 km soit 54 kms de total marteau piqueur et le reste de la distance qui se gère en bordure à cause d’un vent de face permanent ( comme notre bon mistral).

La veille je rejoins le point de départ en vélo à Caudry ou j’ai réservé une chambre d’hôtel pour la nuit. De Lille à Caudry, 86 kms avec des carences d’indications signalétiques terribles. Pas fort dans le pas de Calais pour indiquer le chemin. Mais les gens à qui vous demander votre route sont toujours enthousiastes pour vous aider. Quand vous demandez la direction du village à 10 km à côté, la réponse est : ben ch’ais po ! Ou Et ben c’est loin, mais je ne connais pas la route. Ou celle d’un papy en vélo : ben faut suivre les lignes à hautes tensions, c’est par là je pense … Heureusement que j’ai un GPS sur mon tél pour faire 80 bornes en 4 heures et en m’arrêtant 15 fois. Moyenne de m

 Le lendemain debout 5 h et départ à 6h30 pour faire 16 bornes et rejoindre Busigny, les départs sont étalés entre 7 h et 9h. Oui on part quand on veut et c’est bien, ça dilue la masse de cyclistes motivés.

Petite anecdote avant le départ et la récupération du dossard :

 A 5 bornes de Busigny, la route est fermée et il faut passer par Fremont me dit un symphatique gendarme faisant son office et me complimentant sur mes mollets, qui ne sont pas à un petit détour prés. Ok je ne fais pas le rebel et j’obéis et au village suivant je cherche une intersection à gauche pour rejoindre Busigny.  Pas de panneaux indicateurs, il est 7 h et je vois un planton à qui je demande ma route.

Ch’é pas ou est Fremont mais pour rejoindre Busigny vous pouvez passer par ce chemin.

Super merci.

Un petit chemin bucolique qui m’amène au bout de 3 kilometres dans un cul de sac, avec une maison dans les bois, style Stephen King et des champs et des champs de betteraves.

Ou je suis ? Qu’est ce que je fous là ?

??? Là je suis un peu agacé. Demi-tour ou droit devant ? Il est 7h00 les départ sont donnés.

J’entends au loin, derrière les champs et une forêt, des bruits de voiture qui ne peut être qu’une route.

Allez en avant dans le champ.

C’est très gras et mes pneus de 25 n’aiment pas la boue. Après un ou 2 arrets, à patauger je décide d’appuyer plus fort et je traverse ce champ de 500 m complètement crotté.

Je n’ai pas la photo : mais imaginez un stroumph pédalant en danseuse dans un champ de betterave, à la lueur de l’aube. C’est beau ! Et c’est c…

 Dans la forêt, après le champ, un chemin forestier, gras lui aussi me fait zizzaguer dans tous les sens. Mais la récompense est là, au bout de 15 mn, voici la route. Muni d’un bâton trouvé par terre, je décrasse mes étriers de frein et ma chaîne de la boue et j’arrive enfin au village pour prendre le départ. Tout sale.

Maintenant j’en ris.

On part un petit groupe vers 8h. Que des hollandais, des anglais et des eSSSStrangers ; je suis presque le seul français. Enfin nous sommes une vraie minorité sur ce parcours.

C’est parti !

Les pavés ? Comment dire :

Au début c’est Riiiii gooooo looooololo, au bout du 6 ème secteur ça commence à me gaver. Je n’y arrive pas, car je me fais doubler par des Holandais et des Anglais roulant au mileu de la route à plus de 35 km/ h. Je n’arrive pas à rouler aussi vite.  Comment ils font ? Je suis entre 25 et 30 km/h, et il faut donner autant d’énergie que pour faire un fractionné dans le castelet, avec le contrôle en moins.

Les premières crevaisons s’entendent, des chutes sans gravité dans les bas côté herbeux se multiplient aussi, et des petits « poucets » commencent à semer leur matériel. Bidons, clés, lumières, démonte pneu, pneus tout neuf, bref de quoi éviter de faire le plein à décat, si je prenais le temps de m’arrêter.

Mêêeê jeje prééé fefèè rrrr foncer.

Ça ressemble à quoi comme sensation ?

Freiner tu oublies. Les mains ont du mal à rester sur le guidon et plus tu sers, plus tu as mal. Moins tu sers, plus tu pers le contrôle. Ce n’est pas des vibrations, c’est plutôt un marteau piqueur dans les mains, les bras, le dos, les fesses les pieds et la tête.

Quand tu prends un nid de poule sur la route, ça cogne ?

Les pavés de l’enfer c’est pareil : des nids de poule sans discontuer toutes les secondes pendant 10 à 15 minutes selon les portions.

Heureusement qu’il ne pleuvait pas, je n’aurai pas fini la course dans des conditions extrêmes. Trop casse gueule.

La troué dArenberg, voilà un passage de fou. Les pavés sont espacés dans tous les sens, des trous horizontaux et verticaux de 3 à 4 cm et avec des différences de hauteurs, minimum 3 cm à 5 cm . Rien à voir avec nos beaux pavés Sanaryens. On va leur envoyer des formateurs.

Pour revenir sur Arenberg qui est dans un sous bois, vous imaginez des pavés humides et glissants par la rosée et les trous comblées par une boue bien grasse. On ne roule pas sur cette portion. On essaie de ne pas casser la binette, le vélo ne va jamais droit et fait toujours des tètes à queue intempestifs. C’est comme rouler sur des racines en sous bois, mais tout le temps.

Après cet episode ou les autres circuits nous rejoignent, la fréquentation est saturée par des vtt, très à l’aise sur les pavés, des gravels qui s’en sortent bien et des virtuoses étrangers qui survolent les pavés.

Moi je galère, il reste 80 bornes et encore 16 secteurs, je ne sais plus exactement, mais cela ne m’amuse plus.  C’est long ! Il ne me reste plus que la volonté de me dire que j’en ai pour 4 heures de vélo et c’est fini.

Les récompenses ?

La réussite de l’avoir fait, un public fanatique à chaque entrée de secteur, mister Devil était lá, 6 koms sur Strava (mon ego est récompensé), mais SURTOUT l’arrivée SUR LE VÉLODROME DE ROUBAIX. Mémorable !

Et puis j’ai pu me venger sur un Welsh, des frites et une bonne bière…

Ils sont fous ces nordiques ! Mais voilà je l’ai fait.

Commentaires

Staff
frédéric vacarella
frédéric vacarella 10 avril 2018 14:55
Compétiteur

Eric cette cyclo est spécialement organisée la veille de l'épreuve pro pour nettoyer les pavés, plus sérieusement: chapeau et Bravo! je pense que c'est pas pour demain une petite salade de betteraves en entrée.

Tony Santana 10 avril 2018 09:14

bravo et félicitations